Composition — 2 Fondatrices

Création — 2025

Localisation — Île de la Réunion

Marielle RAFANOMEZANA

Fille d’une kaf malbar de Sin Lwi de La Réunion et d’un merina d’Imerikanjaka de Madagascar, qui ont tous deux été contraints à l’exil vers la France hexagonale dans les années 80, je suis née et j’ai grandi à Marseille dans un bain linguistique assez incroyable. Malgache, créole, langue d’oc, darija, shigazidja, tchétchène. Cette cité marseillaise, de 600 logements, La Cravache, où j’ai passé toute mon enfance et adolescence abritait surtout des personnes en exil.

En rentrant dans l’océan Indien, mon souhait le plus profond a été de me rapprocher de mes ancêtres et de chérir ce qu’iels m’ont légué: ni thune ni propriété foncière mais le courage de zarbouter en terre hostile (transmettre).

Après quelques temps à animer des ateliers linguistiques en tant que formatrice en France hexagonale et dans l’Océan indien, auprès de personnes qui migraient pour plein de raisons, à repenser ma démarche dans le cadre d’une recherche doctorale, j’ai fait le choix de créer une association dans la ville de ma lignée, Sin Lwi, populaire, pour l’aspect symbolique et spirituel mais aussi parce que c’est une ville où les nouvelles communautés s’installent depuis toujours, où il y a une pluralité identitaire et culturelle, où le militantisme est très fort, où la résistance notamment contre l’hégémonie linguistique a toujours été prégnante. Un peu comme Marseille finalement.

Après avoir échangé avec une de mes meilleures amies marseillaise et haïtienne, Mia, médiatrice culturelle et artistique, est née SOMIN L’EXIL.